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L’indicible entre-deux
Une lecture de : Jorge Semprún, L’écriture ou la vie, Gallimard, Paris 1994. À propos de : vie et achèvement, expérience et deuil, écriture et oubli. Il n’y a pas de mot pour nommer le lieu que Jorge Semprún a traversé à la sortie de Buchenwald. Il s’y est tenu debout, entre deux mondes, sans que ni l’un ni l’autre ne lui appartienne vraiment. Lorsqu’il rédige L’écriture ou la vie, il a quitté la vie d’avant, celle des apparences et des certitudes, mais il n’a pas encore accompli celle d’après. Il erre dans un entre-deux existentiel et linguistique où les langues qu’il maîtrise – l’espagnol, le français, l’allemand même –…
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L’éclosion d’une vie intérieure
Une lecture de : Léon Chestov, Philosophie de la tragédie. Dostoïevski et Nietzsche, Le bruit du temps, 2023. À propos de : philosophie et littérature, tragédie et intériorité, Nietzsche et Dostoïevski. La naissance de la tragédie de Nietzsche a aidé les penseurs russes à comprendre Dostoïevski d’une manière neuve. Léon Chestov porte lui aussi la marque de cette lecture comme l’indique le titre de son ouvrage. Mais contrairement à ce que le titre annonce, la tragédie trouve difficilement sa place dans cet essai au style chaotique, dans lequel Chestov y alterne de longues citations à des commentaires et à des pensées non systématiques. Et si cette absence apparente de méthode…
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À l’école de guerre de la vie
Une lecture des aphorismes tardifs de Nietzsche pour restituer à la formule « ce qui ne me tue pas me rend plus fort » son sens originel. Née de l’étonnement suscité par une conversation – à ruminer lentement, contre la pensée rapide de notre époque. Dix mots pour quiconque a besoin d’une philosophie de poche après une mauvaise journée : Ce qui ne me tue pas me rend plus fort. Ces mots furent écrits par Nietzsche, devenu entre-temps le philosophe de la pensée rapide, cité, partagé, adopté, par ceux qui ne l’ont jamais lu. Pourtant, quelque chose de paradoxal, presque comique, se cache dans cette appropriation. Comment le philosophe au…
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L’aphorisme comme système
À propos de l’article « Dall’oralità all’aforisma. Critica e pratica della scrittura nell’opera di Giorgio Colli », publié dans Thaumàzein. De la sagesse orale des anciens Grecs à l’aphorisme : le parcours par lequel Colli élabore sa solution expressive et son système théorétique. Le texte intégral de l’article est disponible en ligne. L’écriture est falsification : elle trahit la pensée qu’elle exprime, contrairement à l’oralité, et falsifie la vérité qu’elle prétend fixer. Dans l’élaboration de sa pensée, Giorgio Colli mesure cette condition avec une lucidité radicale. Conscient de l’imperfection de l’écriture, moyen nécessaire mais inévitablement déclinant par rapport à la parole vivante, le philosophe turinois en fait un usage critique,…
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Événement et connaissance
À propos de l’article « Événement et connaissance. Considérations théorétiques à partir de la pensée de Giorgio Colli », paru dans Elseneur. Pour une pensée théorétique inspirée de l’œuvre de Giorgio Colli : l’événement est la condition la plus immédiate et la plus intime de toute connaissance véritable. Le texte intégral de l’article est disponible en ligne. Peut-on connaître quelque chose sans avoir été présent à l’événement qui l’a rendu possible ? Cette question ouvre un abîme, car si toute connaissance repose sur le souvenir, comme l’affirmait Giorgio Colli, le souvenir lui-même présuppose quelque chose d’antérieur : l’événement qui l’a produit. En dehors de l’événement toute connaissance est illusoire et…
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Culture contre finalisme
À propos de l’article « La Kultur comme principe régulateur de l’histoire », paru dans Noesis. Une réflexion sur la vision philosophique de Jacob Burckhardt et sur le rôle actif de la culture comme force régulatrice de l’histoire, contre toute téléologie et tout finalisme. Le texte intégral de l’article est disponible en ligne. La question du sens de l’histoire a traversé la pensée du XIXe siècle. D’un côté, la téléologie hégélienne, où l’Esprit se réalise dans le temps selon une logique nécessaire ; de l’autre, des visions plus moins systématiques, qui refusent le finalisme dans l’histoire. Jacob Burckhardt, historien suisse, appartient à cette ligne minoritaire : ni idéaliste, ni matérialiste,…
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Deux dieux, une même folie
À propos de l’article « La mania, ou de la folie divine comme source de l’art et de la connaissance », paru dans Ligeia. Dossiers sur l’art. Une réflexion sur la folie et sur son rapport avec l’art et la connaissance à partir du dialogue entre Platon, Nietzsche et Giorgio Colli. Le texte intégral est disponible en ligne. Aux origines de la philosophie grecque, il n’y a pas la raison : il y a l’extase. La philosophie commence avec une question sur la folie. Dans le Phèdre de Platon, Socrate distingue quatre formes de mania divine (prophétique, initiatique, poétique, érotique) et les attribue à Apollon et à Dionysos. Ce n’est…
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Sur l’animalité dionysiaque, ou de l’humain
À propos de l’article « Dionysos, archétype métaphysique de la hiérarchie entre l’homme et l’animal », paru dans Alkemie. Revue semestrielle de littérature et philosophie. Une réflexion sur la frontière entre l’homme et l’animal, de Dionysos à Giorgio Colli. Le texte intégral de l’article est disponible en ligne. La tradition philosophique occidentale a fait de la raison le critère distinctif de l’humain, la frontière nette qui le sépare de l’animal. Mais à rebours de cette tradition dominante, une ligne mineure de la philosophie propose une autre pensée : la différence n’est pas de nature, elle est de degré. Ce gradualisme, Schopenhauer l’a fondé sur la métaphysique de la volonté, Nietzsche…
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Watsuji, un itinéraire conceptuel
À propos de l’article « Watsuji Tetsurô, du voyage à l’itinéraire conceptuel », paru dans L’Enseignement philosophique. Une contribution à la lecture de Fûdo, œuvre majeure de la philosophie japonaise du XXe siècle. Le texte intégral est disponible en ligne. Le 17 février 1927, le philosophe japonais Watsuji Tetsurô quitte le port de Kōbe à destination de l’Europe. De ce long voyage qui le mène de l’Asie moussonnière au désert arabique jusqu’aux grandes villes européennes naît Fûdo (1935), traduit en français par Augustin Berque sous le titre Fûdo. Le milieu humain. L’expérience concrète du voyage se transforme en itinéraire conceptuel : les paysages traversés deviennent des catégories philosophiques, et la…
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La justice comme désir
À propos de l’article « Erminio Juvalta précurseur de la morale expérimentale », paru dans Le Philosophoire. Une contribution à la redécouverte d’un philosophe italien injustement oublié, précurseur discret de la philosophie morale expérimentale contemporaine. Le texte intégral de l’article est disponible en ligne. Philosophe italien de l’entre-deux-siècles, Erminio Juvalta (1863–1934) est une figure méconnue. Formé à la philosophie kantienne et au positivisme, il développe une réflexion éthique à contre-courant du néo-idéalisme dominant de Croce et Gentile : une morale qui rompt avec tout fondement métaphysique pour s’ancrer dans l’expérience concrète du sujet et dans l’exigence de justice. L’article part d’un constat : la crise profonde de la philosophie italienne…









